Tout commence ici dans l’atelier : je reçois la matière première, en l’occurrence le grès de la Nièvre qui, de toujours, a été un haut lieu de la céramique. Après avoir préparé l’argile, l’avoir malaxée, l’avoir pétrie, je lui donne vie grâce au tournage. Quoi de plus fascinant que de voir le grès en giration sur le tour prendre forme. Ainsi vont apparaitre, sous vos yeux et entre mes mains, les pièces en devenir. Le tournage des tasses,des bols, des pichets, ainsi que des plats, des fontaines ou autres cache-pots est la première phase de création. Tourner, tournasser, engober, anser…  Plusieurs étapes vont être nécessaires au lendemain du tournage pour la création de vos pièces unique


En effet, tasses et pichets en, grès et porcelaine devront être dotés d’une anse, parfois d’un bec verseur. Les théières seront agrémentées d’un couvercle et d’un filtre ; les boîtes seront elles aussi rehaussées d’un couvercle. Chacune de ces créations est manipulée une douzaine de fois, entre le début et la fin. Quinze jours de séchage s’imposent avant la première épreuve du feu.


Cette première cuisson à 980°, dite biscuit ou dégourdi, qui durera entre huit et dix heures, solidifiera la terre. Puis, pour rendre étanches ces céramiques afin qu’elles deviennent des objets du quotidien, viendra le temps de l‘émaillage qui, du même coup, les parera d’une ou plusieurs couleurs uniques.


Des couleurs obtenues après une deuxième cuisson. En effet, la magie du feu à 1 280° (cuisson qui durera également une dizaine d’heures) rendra inaltérable à jamais cette céramique unique et révèlera les couleurs obtenues grâce a l‘alchimie des minéraux (silice, feldspath, kaolin chaux, etc ) pesés et mélangés aux oxydes colorant que sont le cuivre, le chrome, le fer, ou bien encore le cobalt…


L’ouverture du four, qui s’effectue le surlendemain de cette deuxième cuisson, s’assimile alors à la découverte d’un trésor. Et constitue, en quelque sorte, la récompense d’un mois de travail effectué en amont.

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